Chris Columbus a le feu divin
Il y’a quelques temps le site fantasy.fr nous proposait un extrait de l’interview de Chris Columbus qu’ils avaient effectué en décembre dernier à Los Angeles.
La voici dans son intégralité ![]()
Qu’est-ce qui vous a fait penser que les romans de Percy Jackson pourraient faire un bon film ?
« Ma fille a le même problème que Percy Jackson : elle est dyslexique. Elle écoutait le livre sur CD donc j’en entendais des parties de temps en temps et j’ai très vite été intrigué par l’histoire. Des fois, vous faites un film juste pour vous amuser et des fois parce que vous êtes vraiment intéressé par le fait de créer un univers que l’on n’a jamais vu avant au cinéma. C’est le cas de Percy Jackson qui transporte la mythologie grecque à notre époque, dans un New-York moderne. C’est une chose que l’on n’a jamais vu en film. L’une des dernières fois où l’on a vu cela était avec Le Choc des Titans. Ce qui est passionnant c’est de donner vie à ces créatures comme la Gorgone, les centaures et les satyres avec la technologie que nous avons désormais à notre disposition. En tant que réalisateur c’est le genre de challenge passionnant que l’on a envie de relever. Quand j’ai démarré la pré-production je ne savais pas encore qu’un nouveau Choc des Titans était en préparation, j’ai assez hâte de voir également ce qu’ils ont fait.
Vous ne saviez pas qu’il y avait un remake qui se faisait ?
Non, pas au début car nous avions commencé six ou sept mois avant que le remake ne démarre et surtout je ne pensais que les deux films allaient sortir à des dates aussi proches l’une de l’autre. En revanche, j’avoue que si je n’ai pas encore vu le nouveau, j’ai beaucoup vu le premier et ses effets spéciaux assez « primitifs ». C’est génial de pouvoir faire ça avec des images de synthèse.
Pouvez-vous nous parler du film ?
Percy est un adolescent qui souffre de dyslexie, mais cet handicap se transforme en don quand il découvre que grâce à lui, il peut traduire le grec ancien en anglais. Il découvre aussi qu’il a un talent inné pour le combat et qu’il est le fils d’un ancien dieu. A cause de tout ça, il est très vite accusé d’être le voleur de foudre – l’arme la plus puissante des dieux appartenant originellement à Zeus – et ce gamin américain moyen se retrouve au centre d’une guerre entre divinités.
Etes-vous resté fidèle au roman ?
Oui et non. Le film et le roman sont deux entités distinctes et se complètent l’une et l’autre. Honnêtement, je pense que nous avons été quand même relativement fidèles car pour l’être totalement il aurait fallu un film de six heures !
Pourquoi avoir choisi Logan Lerman pour incarner Percy Jackson ?
Il y a deux ans je l’ai découvert dans le film 3h10 pour Yuma et j’ai réalisé qu’il faisait une sacrée performance pour un gamin de 14 ou 15 ans. Je l’ai mis dans un coin de ma tête en me disant que si je refaisais un film avec des adolescents il faudrait que je pense à lui. Quand j’ai débuté le casting de Percy Jackson, je l’ai appelé et lui ai demandé de venir. Il était mon premier choix et durant les lectures et les essais filmés, il a vraiment fini par me convaincre. Je pense que ce film sera le premier d’une grande carrière pour lui, il est intense, complètement impliqué et est capable d’apporter une vraie intensité à son personnage. C’est un peu le nouveau Matt Damon ou Tom Cruise pour moi.
Et Alexandra Daddario ?
Elle a été découverte lors des screen tests et ce qui m’a le plus frappé c’étaient ses yeux et la façon dont ils imprimaient la pellicule. Elle doit incarner une demi-déesse, il faut que le public y croit, il faut donc des gens qui ont quelque chose d’exceptionnel.
Et Brandon T Jackson ?
Il n’est pas un dieu, mais un satyre. Ce n’était pas donc pas la même problématique. Je suis un grand fan de Tonnerre sous les tropiques donc j’ai voulu le rencontrer et quand j’ai vu que ça passait bien entre Logan, Alexandra et lui, je me suis dit qu’on tenait nos acteurs.
Il paraît que sur le plateau vous êtes très cool…
Pour moi être réalisateur ce n’est pas hurler sur les acteurs, balancer des objets partout – je ne donnerai pas de noms -, la clef est de traiter toutes les personnes de la même manière et de leur montrer du respect. J’intériorise les choses négatives et je montre mon enthousiasme quand les scènes que l’on tourne sont passionnantes. En fait la seule chose qui peut vraiment me mettre en colère c’est de ne pas avoir le temps de faire les choses aussi bien qu’il le faudrait. Je me souviens qu’après les deux premiers Harry Potter j’étais complètement épuisé, c’est pourquoi j’ai ensuite réalisé deux « petits films » pour retrouver l’envie de tourner. Percy Jackson était l’occasion de revenir dans le système des films où l’on a de gros moyens.
Arrivez-vous vraiment à vous amuser sur un plateau comme vous l’avez fait lors de celui de I Love You, Beth Cooper ?
C’était la première fois de ma carrière où je me suis dit : « Fais un film et éclate-toi en le faisant » et ça é été une erreur ! Au final il vaut mieux s’amuser en regardant le film terminé que pendant un tournage car au final on prend le risque d’avoir résultat médiocre, ce qui a été le cas. Quand j’ai réalisé que tout le monde avait tenté de faire du mieux qu’il pouvait alors que je m’amusais, j’ai eu un peu honte et je n’ai pas organisé de fête de fin de tournage. Ça a été une souffrance surtout vis-à-vis des jeunes acteurs qui avaient participé au film car ils étaient vraiment excités à l’idée de faire ce film. Pour eux j’aurais dû donner le maximum et c’est ce que j’ai fait sur Percy Jackson.
Etait-il plus difficile à mettre en scène qu’Harry Potter ?
L’expérience d’Harry Potter m’a énormément aidé pour Percy Jackson, que ce soit pour les effets spéciaux que pour la direction de jeunes acteurs. Ça c’est pour le bon côté. Le mauvais côté était que le planning était beaucoup plus serré et que le tournage a été beaucoup plus intense.
Avez-vous signé pour les suites ?
Pas encore car il faudra qu’il marche pour que nous fassions les suites. Ce n’est pas comme pour Harry Potter où nous savions déjà que nous allions faire le second et le troisième. Le succès au niveau international nous permettra ou pas de continuer la saga. Si c’est le cas, je réaliserai sans doute la suite.
Il y a cinq livres, vous ferez les cinq ?
Si ce n’est pas des tournages qui s’enchaînent, j’aimerais bien.
Le succès est votre but ?
Plus que le succès c’est de faire un film qui dure dans le temps. C’est vraiment la chose la plus difficile : faire un film qui ne soit pas très vite daté. J’ai envie de faire des films que j’aimerais revoir quand j’aurai quatre-vingt dix-ans. Les costumes peuvent donner une idée de l’époque à laquelle est tourné un film, mais l’émotion qui ressort se doit d’être intemporelle.
En dehors des enfants, vous avez un casting impressionnant : Pierce Brosnan, Rosario Dawson, Uma Thurman… Comment les avez choisis ?
J’ai fait Mme Doubtfire avec Pierce et c’est quelqu’un avec qui j’avais très envie de retravailler. Quand je cherchais quelqu’un pour incarner Chiron, j’ai demandé à l’un des illustrateurs d’imaginer un centaure avec le torse de Pierce. Je l’ai trouvé très majestueux avec sa barbe et ses muscles. Du coup j’avais très envie de voir ce que ça pourrait donner avec le vrai Pierce. Je l’ai appelé et comme son fils était justement en train de lire les livres, il a accepté. Pour la Méduse, c’était différent parce que c’est une créature qui jusque-là avait toujours été faite en animation. Je voulais une actrice pour l’incarner qui soit extrêmement séductrice mais qui en même temps puisse incarner le danger. Uma Thurman a été mon premier choix. J’ai envoyé le scénario à son agent qui lui a fait lire et elle a donné son accord. J’étais très heureux car je sais que beaucoup d’acteurs n’aiment pas prêter leur visage à une créature en images de synthèse car elles sont souvent ratées visuellement et émotionnellement. Mais cette fois c’était différent car nous sommes partis de la performance de Uma pour ensuite ajouter les serpents et les faire réagir en fonction de ses déplacements, de ses regards, des ses attitudes car ils vivent avec elle depuis des siècles, donc ils ne font qu’un avec elle. Même si elle les contrôle, il y a une véritable interaction entre elle et les serpents. Les animateurs ont vraiment été inspirés et la combinaison de la performance réelle de Uma et leur talent a abouti à un résultat incroyable. »
Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ?
Elles l’ont toutes été en terme de logistique. J’aimerai vous dire que l’une était plus difficile, mais toutes celles contenant de l’action étaient compliquées car nous devions tourner très vite et je devais faire attention aux moindres détails, c’était épuisant.
Le cinéma semble s’emparer de toutes les mythologies, en quoi celle-ci est différente ?
Dans le monde entier les gens connaissent ces histoires de dieux et les enfants sont obsédés par ces créatures et les exploits des héros de la mythologie grecque. C’est l’éternelle bataille entre le bien et le mal et la mythologie grecque a ceci de particulier qu’elle est connue universellement. Avoir ça dans un film moderne est unique, on n’a pas à raconter à nouveau qui est qui, tout le monde le sait.
Si vous étiez un dieu grec, lequel seriez-vous ?
Je serai sans doute Dionysos car j’ai absolument besoin d’un verre de vin, voir de quelques bouteilles maintenant que le film est terminé ! (Rires)
Source : Fantasy.fr
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